
Jean-Marie Cherruault investit l’Usine du 6 au 28 juin 2026. Exposition ouverte en entrée libre les week-ends de 14h à 18h30.
Depuis sa fenêtre, Jean-Marie Cherruault contemple son exil au pays des images. Une manufacture à l’œuvre depuis l’enfance. Toujours le même déplacement face à la toile : son tour du monde se joue dans l’atelier, volets ouverts sur la rue.
L’homme marche, s’interrompt, demeure immobile, puis se lève pour aller s’asseoir. Il gagne en insolite à enlever ou remettre son chapeau, à choisir une nuance plutôt qu’une autre.
Il peint par nécessité, comme un pommier donne des pommes, fasciné par cette demi-seconde de retard sur le pas cadencé.
Né à Laval au siècle dernier — ce qui n’a rien d’une extravagance — le dessin affleure dans ses plus lointains souvenirs d’enfance, pour le plaisir du pas de côté.
Rien ne le destinait pourtant à l’art dans cette maison d’ouvriers.
Puis vint une aube, un musée à Rennes : en mai 1972, il y naît une seconde fois. Pas d’école de peinture, mais celle du dimanche, des amateurs attentifs à la richesse d’un trait, à la subtilité d’une nuance. Depuis cinquante ans, il brasse les images.

